
En six ans, le team building est passé de 17% à 59% des entreprises commanditaires, et 86% des événements professionnels intègrent désormais une activité périphérique. Pour un propriétaire qui envisage d’ouvrir son bien au tourisme d’affaires, ces chiffres ne sont pas de la statistique de salon : ils décrivent précisément les espaces, les extérieurs et les services qu’il faudra pouvoir aligner. Voici les six formats qui progressent en 2026, et ce que chacun exige concrètement d’un lieu.
Dernière mise à jour : septembre 2026
Quels formats progressent le plus en 2026 ?
L’étude MICE menée chaque année par Coach Omnium avec le Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events interroge plus de 310 entreprises commanditaires. Sa 33e édition, publiée en mars 2026, permet de comparer la demande actuelle à celle d’avant la crise sanitaire. La hiérarchie des formats n’a pas changé, mais les écarts, eux, se sont considérablement resserrés.
| Format d’événement |
2019 |
2025 |
Évolution |
| Journées d’étude et séminaires |
74% |
85% |
+11 points |
| Soirées, cocktails et afterworks |
32% |
71% |
+39 points |
| Incentive et team building |
17% |
59% |
+42 points |
| Conventions, AG et conférences |
– |
44% |
– |
| Formations |
– |
41% |
– |
Source : étude MICE 2026, 33e édition, Coach Omnium, Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events. Plusieurs réponses possibles.
Deux enseignements pour un porteur de projet. D’abord, les formats qui explosent sont ceux qui mobilisent autre chose qu’une salle de réunion : une soirée a besoin d’un espace de réception, un team building a besoin d’un extérieur et de plusieurs points d’activité. Ensuite, ces formats se combinent. Une même entreprise commande un séminaire de deux jours qui contient une demi-journée de team building et une soirée. Le lieu capable de porter les trois séquences sans déplacement capte la totalité du budget.
Pourquoi le format court s’impose-t-il ?
Les budgets se sont contractés : 66% des entreprises ont constaté un recul de leur enveloppe événementielle en 2025. Elles n’ont pas pour autant renoncé aux événements, elles les ont raccourcis. La durée dominante est aujourd’hui de 2 jours pour 57% des répondants, en progression par rapport aux 54% de 2024, suivie de la journée unique pour 51%. Pour le team building seul, 47% des opérations tiennent sur une demi-journée.
Ce que le format court impose à un lieu
Un séminaire de deux jours pardonne un trajet de trois heures. Une journée d’étude, non. La localisation est d’ailleurs le premier critère de sélection, cité par 89% des entreprises, devant le budget global (83%) et la capacité du lieu (77%). Concrètement, un bien situé à moins de deux heures d’une métropole se positionne sur les deux marchés, résidentiel et journée. Au-delà, il dépend presque entièrement du résidentiel, avec les contraintes d’hébergement que cela suppose.
Le format court change aussi l’exploitation. Une rotation d’une journée mobilise autant de préparation qu’un séjour de deux jours pour un chiffre d’affaires moindre. L’équilibre se trouve dans la restauration, très rarement optionnelle sur ces formats, et dans la capacité à enchaîner deux groupes dans la même semaine.
Repère budget
50% des entreprises déclarent un budget supérieur à 200 euros HT par jour et par personne lorsque l’hébergement est inclus. Pour une journée d’étude sans nuitée, 43% se situent entre 61 et 130 euros HT. L’écart entre les deux formats mesure ce que rapporte une capacité d’hébergement sur site.
Que change l’essor de l’incentive pour un lieu ?
L’incentive et le team building sont passés de 17% des entreprises en 2019 à 59% en 2025. Mais le chiffre le plus parlant pour un exploitant est ailleurs : c’est le format le plus régulièrement organisé de tous. Près de 8 entreprises sur 10 qui en programment en organisent au moins 6 dans l’année, et 2 sur 10 dépassent les 20 opérations annuelles. Là où une convention se commande une fois par an, l’incentive revient tous les deux mois.
Un client récurrent, donc un actif différent
Cette récurrence transforme la nature du revenu. Un lieu qui convainc sur un team building en mars peut être rappelé en juin et en novembre par la même entreprise. La fidélisation devient le principal levier de remplissage, davantage que la prospection. Les secteurs les plus consommateurs sont la banque, l’assurance et les médias, c’est-à-dire des donneurs d’ordre majoritairement franciliens, ce qui recoupe les 79% d’événements organisés en Île-de-France et explique la prime aux territoires situés dans les deux heures de Paris.
Sur le plan des espaces, un team building demande rarement une grande salle. Il demande plusieurs espaces distincts, utilisables en parallèle, et de préférence un extérieur. Un domaine qui dispose de trois petites salles et d’un parc est mieux armé qu’un lieu doté d’un unique auditorium de 200 places.
Pourquoi les activités de plein air pèsent-elles autant ?
L’intégration d’activités périphériques est redevenue la norme : 86% des entreprises en commandent, dont 18% systématiquement. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis vingt ans, et il revient de loin puisque la proportion était tombée à 46% en 2013. La nature de ces activités dessine assez précisément le cahier des charges d’un lieu.
| Type d’activité demandée |
Part des entreprises |
Ce que cela suppose sur place |
| Ludique |
85% |
Salles modulables, espace d’atelier, cuisine ouverte aux prestataires |
| Culturelle |
57% |
Patrimoine sur site ou à proximité, capacité à faire visiter |
| Écoresponsable |
40% |
Terrain support d’action concrète, partenaires locaux identifiés |
| Sportive |
38% |
Terrain praticable, vestiaires, départ de sentier accessible à pied |
Source : étude MICE 2026, Coach Omnium, Groupe 1001 Salles et IDEAL Meetings & Events. Plusieurs réponses possibles.
Le point commun de ces quatre familles est qu’aucune ne se satisfait d’une salle nue. Un domaine avec parc, sentiers et dépendances dispose d’un avantage structurel sur un centre de conférences urbain, parce qu’il permet d’accueillir l’activité sur place plutôt que de la sous-traiter à l’extérieur. Cet avantage se monétise : l’activité intégrée reste dans le chiffre d’affaires du lieu.
Une nuance toutefois, qu’il vaut mieux intégrer avant d’investir. La part des entreprises intégrant des activités a légèrement reculé en un an, de 92% à 86%, sous l’effet de la contrainte budgétaire. Les activités lourdes en logistique sont les premières coupées. Ce qui résiste, ce sont les formats simples et ancrés localement, rencontre d’artisans, découverte du patrimoine, atelier culinaire, que les acteurs du secteur résument par une formule assez juste : on ne demande plus d’en mettre plein la vue.
Comment la RSE redessine-t-elle le cahier des charges ?
C’est la rupture la plus brutale de l’étude. La part des entreprises intégrant l’enjeu environnemental dans l’organisation de leurs événements est passée de 25% à 72% en un an. Dans le même temps, la proportion privilégiant le train pour les déplacements en France a bondi de 67% à 86%, et 38% réalisent désormais un bilan carbone de leurs manifestations.
La distance à la gare devient un argument commercial
Tant que le critère environnemental restait déclaratif, il ne changeait pas le choix du lieu. À 86% de recours au train, il le change. Un domaine à 15 minutes d’une gare desservie par une ligne directe depuis Paris ou Lyon dispose d’un avantage mesurable sur un site équivalent accessible uniquement en voiture. Pour un investisseur qui compare deux biens, c’est un critère à intégrer au même titre que la surface ou l’état du bâti, et il ne se corrige pas par des travaux.
Les autres marqueurs attendus sont plus faciles à construire : approvisionnement alimentaire local et traçable, gestion des déchets, sobriété énergétique du bâtiment, possibilité d’organiser une action solidaire ou de restauration d’un espace naturel sur le site. Ce dernier point rejoint les 40% d’entreprises demandant des activités écoresponsables, et transforme un terrain en argument plutôt qu’en charge d’entretien.
Faut-il viser les grands groupes ou le petit comité ?
C’est probablement l’idée reçue la plus coûteuse en matière de dimensionnement. Hors conventions, congrès et salons, 73% des rencontres réunissent moins de 100 participants, et la proportion monte à 82% pour les séminaires et journées d’étude. Les manifestations de plus de 200 personnes ne représentent que 16% de la demande. Le marché est donc massivement celui du petit et du moyen groupe.
Dimensionner pour le marché réel, pas pour le plus gros client possible
Cette donnée a une conséquence directe sur le budget travaux. Viser 200 places fait basculer un établissement recevant du public dans une catégorie supérieure, avec les obligations de sécurité incendie et les coûts d’aménagement correspondants, pour capter un segment qui ne pèse que 16% du marché et qui se dispute avec les centres de congrès. Un lieu calibré sur 60 à 100 participants, avec deux ou trois salles divisibles, couvre l’essentiel de la demande à un niveau d’investissement sans commune mesure.
Reste un facteur que peu de porteurs de projet anticipent : la saisonnalité. La demande se concentre sur juin (67%), septembre (54%) et octobre (51%). Un modèle économique qui repose uniquement sur le tourisme d’affaires travaille donc sur une poignée de mois. C’est précisément ce qui rend l’activité complémentaire d’une exploitation touristique estivale, plutôt que substituable à elle, et ce qui plaide pour un bien capable de basculer d’une clientèle à l’autre.
À retenir
1. L’incentive et le team building sont passés de 17% à 59% des entreprises en six ans, et c’est le format le plus fréquemment répété : 8 organisateurs sur 10 en programment au moins 6 par an.
2. Le format dominant est court, 2 jours pour 57% des entreprises et 1 jour pour 51%, ce qui fait de la distance à une métropole un critère décisif.
3. 86% des événements intègrent une activité périphérique, majoritairement ludique (85%) et culturelle (57%) : un parc et des espaces multiples valent mieux qu’une grande salle unique.
4. L’enjeu environnemental est passé de 25% à 72% en un an et 86% des entreprises privilégient le train : la desserte ferroviaire devient un critère d’acquisition non corrigeable.
5. 73% des événements réunissent moins de 100 participants. Dimensionner au-delà de 200 places coûte cher pour un segment qui ne pèse que 16% du marché.
Questions fréquentes
Quel format de séminaire est le plus demandé en 2026 ?
Les journées d’étude et séminaires restent le premier format, cités par 85% des entreprises commanditaires, devant les soirées et afterworks (71%) et l’incentive ou team building (59%). En volume, c’est toutefois l’incentive qui revient le plus souvent dans l’année : près de 8 entreprises sur 10 qui en organisent en programment au moins 6 par an.
Combien de temps dure un séminaire d’entreprise aujourd’hui ?
La durée dominante est de 2 jours, citée par 57% des entreprises, suivie de la journée unique (51%). Pour le seul team building, 47% des opérations tiennent sur une demi-journée. Pour un lieu d’accueil, cela signifie une rotation rapide et une part de clientèle qui ne dort pas sur place.
Faut-il de l’hébergement pour accueillir des séminaires ?
Pas systématiquement. Une partie significative de la demande porte sur des formats d’une journée ou d’une demi-journée, sans nuitée. L’hébergement reste toutefois ce qui permet de capter le séminaire résidentiel, format au panier moyen le plus élevé : 50% des entreprises déclarent un budget supérieur à 200 euros HT par jour et par personne lorsque l’hébergement est inclus.
Combien de participants faut-il pouvoir accueillir ?
Moins qu’on ne l’imagine. Hors conventions et salons, 73% des rencontres réunissent moins de 100 participants, et cette proportion monte à 82% pour les séminaires et journées d’étude. Les manifestations de plus de 200 personnes ne représentent que 16% de la demande. Un lieu de 60 à 100 places couvre donc l’essentiel du marché.
La desserte ferroviaire est-elle devenue un critère ?
Oui, et son poids a doublé en un an. 86% des entreprises privilégient le train pour leurs déplacements MICE en France, contre 67% en 2024. Associée à la localisation, premier critère de choix du lieu avec 89% des réponses, la distance à une gare devient un argument commercial mesurable.
Sources et références
Votre bien a-t-il le profil d’un lieu de séminaire ?
Surface disponible, extérieurs, accessibilité ferroviaire, capacité d’hébergement : Pôle Implantation Tourisme analyse le potentiel événementiel de votre bien et vous accompagne dans la structuration du projet. Accompagnement gratuit et confidentiel.
Découvrir notre accompagnement
Voir les biens de caractère à reprendre
Article rédigé par
Priscillia Badiwa, Pôle Implantation Tourisme. Spécialiste de l’implantation et de la reprise de projets touristiques, elle accompagne porteurs de projet et collectivités dans la valorisation de biens à vocation touristique.
Priscillia, notre experte en développement touristique, accompagne depuis près de 3 ans les porteurs de projets dans leurs recherches de sites d’implantation. Dotée d’une connaissance fine du marché de l’investissement touristique et des tendances actuelles du secteur, sa connaissance approfondie des territoires et des opportunités de subventions fait d’elle votre partenaire idéale pour faciliter votre implantation.