
Un domaine viticole qui veut garder ses visiteurs une nuit a deux voies devant lui : ouvrir des chambres d’hôtes dans la maison, ou aménager un gîte dans une dépendance. La comparaison se fait d’ordinaire sur le prix de la nuitée et le taux de remplissage. C’est le mauvais point de départ. Trois éléments décident avant tout prévisionnel, et aucun des trois ne figure dans un tableau de rendement : la présence de quelqu’un sur place, le statut du porteur de projet et la façon dont le vin se vend. Le reste en découle.
Dernière mise à jour : novembre 2026
1. Qu’est-ce qui sépare une chambre d’hôtes d’un gîte viticole ?
Les deux formats sont souvent présentés comme deux niveaux de service, l’un plus personnalisé que l’autre. Ce sont en réalité deux régimes juridiques distincts, et l’on ne passe pas de l’un à l’autre par un simple choix commercial.
La chambre d’hôtes est définie comme une chambre meublée chez l’habitant, louée à des touristes à titre onéreux. La prestation est encadrée : la nuitée et le petit-déjeuner sont fournis ensemble, le linge de maison est mis à disposition et renouvelé, et la capacité est plafonnée à cinq chambres pour quinze personnes accueillies en même temps. L’activité se déclare en mairie par le formulaire cerfa 13566, au titre des articles L. 324-3 à L. 324-5 du code du tourisme.
Le gîte, lui, n’est pas une catégorie juridique : c’est un nom d’usage pour un meublé de tourisme, c’est-à-dire un logement loué pour l’usage exclusif du locataire. Aucune prestation n’est imposée, aucune capacité n’est plafonnée, et le classement de une à cinq étoiles reste volontaire. En contrepartie, le cadre déclaratif se resserre : la généralisation d’un numéro d’enregistrement national, prévue par la loi dite Le Meur, deviendra obligatoire dans toutes les communes à la mise en service du téléservice national, annoncée pour le quatrième trimestre 2026, et ce numéro devra figurer sur les annonces.
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Chambres d’hôtes |
Gîte, au sens du meublé de tourisme |
| Définition |
Une chambre meublée chez l’habitant, louée à des touristes à titre onéreux |
Un logement meublé loué pour un usage exclusif, sans prestation obligatoire |
| Capacité |
5 chambres et 15 personnes accueillies simultanément, au maximum |
Aucun plafond réglementaire de capacité |
| Présence sur place |
Accueil et réception assurés en personne par le loueur, la seule remise des clés par une boîte à clés n’est pas admise |
Aucune présence imposée, exploitation possible à distance |
| Prestations imposées |
Nuitée et petit-déjeuner fournis ensemble, linge de maison fourni et renouvelé |
Aucune, sauf option volontaire pour la para-hôtellerie |
| Formalité |
Déclaration en mairie par le formulaire cerfa 13566
articles L. 324-3 à L. 324-5 et D. 324-13 du code du tourisme |
Déclaration en mairie, généralisée avec un numéro d’enregistrement national à la mise en service du téléservice |
| Classement |
Pas de classement officiel, seulement des labels privés |
Classement volontaire de 1 à 5 étoiles, par un organisme accrédité |
Sources : service-public, fiches « Ouvrir une chambre d’hôtes » et « Hébergement touristique et micro-entreprise » ; service-public, « Location meublée : les règles ont changé en 2026 », 27 juillet 2026.
Une seule ligne de ce tableau commande toutes les autres, et c’est la troisième.
2. La première question n’est pas financière : habitez-vous sur le domaine ?
Le mot décisif de la définition est « habitant ». L’administration en tire deux conséquences très concrètes : l’accueil et la réception des clients doivent être assurés en personne par le loueur, et la seule mise à disposition des clés par une boîte à clés n’est pas possible. Il ne s’agit donc pas d’une recommandation de qualité de service, mais d’une condition d’existence du régime.
Source : service-public, fiche « Ouvrir une chambre d’hôtes ».
Trois configurations fréquentes sur un domaine viticole se trouvent de ce fait exclues, et il vaut mieux le savoir avant d’ouvrir un tableur. Un domaine détenu par une société dont les associés résident ailleurs. Un domaine repris par un investisseur qui confie l’exploitation viticole à un tiers et n’habite pas sur place. Un domaine dont la maison de maître est elle-même louée à l’année. Dans ces trois cas, la chambre d’hôtes n’est pas plus difficile à monter : elle est fermée.
Le meublé de tourisme n’impose rien de tel. C’est le seul des deux formats qui s’exploite à distance, par un prestataire local ou par une conciergerie, et c’est la raison pour laquelle il est la voie par défaut des domaines en société et des repreneurs.
Le réflexe à prendre
La question de la présence se tranche avant le choix du format, et non l’inverse. Un projet de chambres d’hôtes instruit sur un domaine dont personne n’habite les lieux est un projet à refaire entièrement, alors qu’un projet de gîte reste ouvert à un domaine habité.
La réciproque est utile : un domaine habité par ses exploitants n’a pas à choisir. Rien n’empêche d’ouvrir cinq chambres dans la maison et un gîte dans une dépendance, les deux régimes se cumulant sans difficulté. C’est même la configuration la plus courante des domaines qui ont poussé la diversification loin, parce que les deux formats ne captent pas la même clientèle.
3. Ce que change votre statut d’exploitant agricole
C’est ici que le comparatif se dédouble, et c’est ce qui rend les comparaisons toutes faites peu utiles : à bien identique et projet identique, la réponse n’est pas la même selon que le porteur exploite ou non le vignoble.
Pour un porteur qui n’est pas agriculteur, l’écart entre les deux formats est considérable. Une chambre d’hôtes est une prestation de services : l’affiliation est déclenchée dès 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 248 euros de revenus pour 2026, et le taux du régime micro-social s’élève à 21,2 %. Un meublé de tourisme classé relève d’un régime nettement plus léger, à 6 %, et l’affiliation n’intervient qu’au-delà de 23 000 euros de recettes. Sur ce seul critère, le gîte gagne largement.
Pour un vigneron en activité, cet écart s’efface. Les activités agricoles définies par l’article L. 722-1 du code rural comprennent les structures d’accueil touristique situées sur l’exploitation ou dans ses locaux et dirigées par le chef d’exploitation, et la MSA range explicitement dans l’agrotourisme les fermes auberges, les campings à la ferme, les fermes équestres et les locations de logement en meublé. L’exploitant cotise alors au seul régime agricole pour l’ensemble de ses activités. Deux conditions sont donc à vérifier avant tout montage, et elles sont faciles à perdre de vue : l’hébergement doit se trouver sur l’exploitation, et il doit être dirigé par le chef d’exploitation.
Source : MSA, « Les conditions d’affiliation des non-salariés agricoles » ; article L. 722-1 du code rural et de la pêche maritime.
Côté fiscal, le même raisonnement s’applique avec un plafond en plus. Les recettes commerciales accessoires d’un exploitant agricole ne restent rattachées au bénéfice agricole que si leur moyenne annuelle n’excède ni 50 % de la moyenne des recettes agricoles des trois mêmes années, ni 100 000 euros. Au-delà, l’activité d’hébergement sort du bénéfice agricole et doit être traitée séparément. Ce n’est pas un détail de déclaration : c’est ce seuil qui borne l’ambition œnotouristique d’un petit domaine, et il se calcule en proportion du chiffre d’affaires viticole, pas en valeur absolue.
| Situation du porteur |
Chambres d’hôtes |
Gîte classé |
Gîte non classé |
Porteur non agriculteur
régime micro-social |
Affiliation dès 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 248 € de revenus en 2026, puis 21,2 % |
Affiliation au-delà de 23 000 €, puis 6 % |
Affiliation au-delà de 23 000 € |
Exploitant agricole, hébergement sur l’exploitation et dirigé par le chef d’exploitation
article L. 722-1 du code rural |
Régime agricole, l’activité est rattachée à l’exploitation |
Régime agricole |
Régime agricole |
Plafond du régime micro-BIC
revenus 2026 à 2028 |
83 600 €, abattement 50 % |
83 600 €, abattement 50 % |
15 000 €, abattement 30 % |
Recettes rattachées au bénéfice agricole
article 75 du code général des impôts |
Double condition cumulative : ni 50 % des recettes agricoles, ni 100 000 €, en moyenne sur trois ans |
Même double condition |
Même double condition |
Sources : BOFiP, barème BOI-BAREME-000044 du 19 août 2026, pour les plafonds du régime micro-BIC ; service-public, fiches « Ouvrir une chambre d’hôtes » et « Hébergement touristique et micro-entreprise », pour les taux et les seuils de cotisations ; article L. 722-1 du code rural ; article 75 du code général des impôts. Les plafonds du micro-BIC sont revalorisés tous les trois ans : ils étaient de 77 700 € pour les revenus 2023 à 2025.
Une ligne de ce tableau mérite d’être lue deux fois. Un meublé de tourisme non classé n’accède au régime micro-BIC que jusqu’à 15 000 euros de recettes, avec un abattement ramené à 30 %, quand le même bien classé dispose d’un plafond de 83 600 euros et d’un abattement de 50 % pour les revenus 2026 à 2028. L’écart est de un à cinq et demi, et il se creuse : le plafond des meublés classés et des chambres d’hôtes a été revalorisé de 77 700 à 83 600 euros à compter des revenus 2026, tandis que celui des meublés non classés est resté à 15 000 euros. Autrement dit, le classement n’est plus un label de confort destiné à rassurer la clientèle : c’est devenu une condition fiscale, et un gîte sérieusement exploité sans classement sort très vite du régime simplifié.
4. Lequel des deux formats vend du vin ?
Jusqu’ici le gîte mène. Le critère suivant renverse la comparaison, et c’est le seul qui soit propre à un domaine viticole : l’hébergement n’est pas la finalité du projet, il est le moyen de vendre des bouteilles.
Les chiffres de l’Observatoire de l’œnotourisme 2026 le montrent sans ambiguïté. Le revenu moyen par réservation s’élève à 207 euros, dont 60 % proviennent des achats de vin, pour un panier vin de 164 euros, et trois visiteurs sur quatre repartent avec des bouteilles. La bouteille pèse donc davantage que la prestation elle-même.
Source : Observatoire de l’œnotourisme 2026, Winalist, publié le 28 mai 2026, établi sur 15 000 réservations confirmées en France en 2025.
Or les deux formats n’organisent pas du tout la même relation. La chambre d’hôtes met le vigneron face au visiteur chaque matin, au petit-déjeuner, c’est-à-dire exactement au moment où la conversation sur le domaine se tient naturellement et où la dégustation se propose sans effort commercial. Le gîte, lui, fonctionne par remise des clés, séjour autonome et départ : la vente de vin doit y être provoquée par un rendez-vous, et elle devient une sollicitation plutôt qu’un moment du séjour.
Lecture Pôle Implantation Tourisme
Un gîte produit un revenu locatif. Une chambre d’hôtes produit un revenu locatif et un canal de vente directe. Sur un panier moyen de 207 euros dont 164 euros de vin, le format qui supprime le contact quotidien supprime aussi la part la plus rentable du séjour. C’est ce qui justifie, pour un domaine habité, de ne pas raisonner uniquement sur le prix de la nuitée et la charge de travail.
Le gîte garde en retour deux avantages mesurables. Il capte les séjours longs, alors que 55 % des œnotouristes prolongent de deux jours ou plus et qu’un tiers des réservations correspond à un court séjour de deux à trois nuits. Et il se commercialise à la semaine, donc avec moins de rotations, moins de ménages et moins de présence qu’une succession de nuitées. Pour un vigneron dont le temps est la ressource la plus contrainte au moment des vendanges, l’argument n’est pas secondaire.
Rappelons enfin ce que ces chiffres disent du marché dans son ensemble : sur les 5,4 milliards d’euros dépensés chaque année par les œnotouristes en France, 1,8 milliard seulement revient aux domaines. L’enjeu de l’hébergement est précisément de récupérer une part de la différence, qui part aujourd’hui dans l’hébergement, la restauration et les activités alentour.
5. La TVA, le levier que le gîte peut capter sans présence sur place
Un dernier critère est presque toujours absent des comparaisons, alors qu’il porte sur les montants les plus élevés du projet : le traitement de la TVA sur les travaux. Aménager une dépendance en hébergement représente souvent l’essentiel de l’investissement, et la possibilité de déduire la taxe qui le grève se décide au moment du montage, pas après le chantier.
La règle de départ est simple : la location de logement meublé est exonérée de TVA. Exonéré signifie que l’on ne collecte pas de taxe sur les loyers, mais aussi que l’on ne déduit pas celle des travaux. L’activité y est en revanche soumise lorsqu’elle devient para-hôtelière. Deux conditions doivent alors être réunies : des séjours dont la durée peut être inférieure ou égale à trente jours, au choix du client, et au moins trois des quatre prestations suivantes, le petit-déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture du linge de lit et de toilette et la réception de la clientèle.
| Prestation |
Ce que l’administration admet |
Faisable sans présence sur place ? |
| Petit-déjeuner |
La prestation doit être proposée, sans qu’un service en salle soit exigé |
Difficilement, sauf organisation dédiée |
| Nettoyage régulier des locaux |
Un nettoyage avant l’arrivée puis proposé régulièrement pendant le séjour ; un passage hebdomadaire suffit, et le seul nettoyage avant l’arrivée suffit pour un séjour de moins d’une semaine |
Oui, par un prestataire |
| Fourniture du linge de lit et de toilette |
Linge fourni à l’arrivée, avec un renouvellement régulier proposé ; un renouvellement hebdomadaire suffit |
Oui |
| Réception de la clientèle |
Accueil, orientation vers le logement et information sur l’accès et le règlement intérieur ; une réception même non personnalisée est admise, y compris par des systèmes de communication électronique |
Oui |
Source : BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, BOFiP, publié le 26 mars 2025, commentant l’article 261 D, 4° du code général des impôts.
La dernière ligne de ce tableau est le fait le plus contre-intuitif du dossier. L’administration admet une réception même non personnalisée, y compris par des systèmes de communication électronique, et elle se satisfait d’un nettoyage et d’un renouvellement du linge hebdomadaires. Un gîte peut donc réunir trois prestations sur quatre sans que personne habite sur place. Le format qui n’impose aucune présence est ainsi celui qui peut aller chercher le régime fiscal de l’hôtellerie, là où l’intuition désignait la chambre d’hôtes comme la plus hôtelière des deux.
Deux précisions évitent les mauvaises surprises. La franchise en base dispense de collecter la TVA en deçà de 85 000 euros de recettes de l’année précédente, ou 93 500 euros de l’année en cours, mais elle ferme dans le même mouvement le droit à déduction : pour récupérer la taxe sur un chantier, il faut y renoncer volontairement. Et les taux ne sont pas uniformes : l’hébergement relève du taux de 10 %, tandis que les boissons alcoolisées restent à 20 %, ce qui concerne directement la dégustation et la vente de bouteilles sur place.
Source : service-public, fiche « Ouvrir une chambre d’hôtes », pour les seuils de franchise et les taux applicables.
6. Quel format pour quel domaine ?
Les quatre critères précédents se combinent en une grille simple, qui part de la situation du domaine et non du format envisagé.
| Profil du domaine |
Format à instruire en premier |
Le point à traiter avant tout chiffrage |
| Exploitants résidant sur le domaine, avec des chambres disponibles dans la maison |
Chambres d’hôtes |
La capacité de 5 chambres borne le chiffre d’affaires de ce format : vérifier qu’il couvre l’objectif visé |
| Exploitants résidant sur le domaine, avec une dépendance autonome en plus |
Les deux, et ils se complètent |
La dépendance doit pouvoir changer de destination, ce qui est le verrou d’urbanisme de la zone agricole |
| Domaine détenu en société, exploitants résidant ailleurs |
Gîte seul |
La chambre d’hôtes est fermée : inutile de la chiffrer. Instruire en revanche l’option para-hôtelière |
| Investisseur repreneur, sans activité agricole |
Gîte classé |
Le régime agricole ne s’applique pas : les cotisations et l’impôt relèvent du droit commun, et le canal de vente du vin reste à construire |
| Domaine sans bâtiment disponible |
Aucun des deux dans l’immédiat |
La question devient celle du format d’hébergement à créer, traitée dans notre comparatif des six formats |
Trois lectures en ressortent. Un domaine habité par ses exploitants dispose du format le plus rapide à ouvrir et du seul qui capte le panier vin, mais il se heurte vite au plafond de cinq chambres. Un domaine détenu en société ou repris par un investisseur n’a qu’une voie, le meublé, et son arbitrage porte alors sur le classement et sur l’option para-hôtelière, pas sur le choix du format. Et un domaine dont le bâti n’est pas encore disponible n’a aucun des deux arbitrages à rendre : sa question est d’abord celle de la destination de ses bâtiments et du format à créer.
Dans tous les cas, l’ordre des questions compte autant que les réponses. La présence sur place se vérifie avant le format. Le statut du porteur se vérifie avant le régime social. Le régime de TVA s’arbitre avant les travaux. Un projet instruit dans cet ordre se chiffre une fois ; instruit dans l’autre sens, il se refait.
7. À retenir
La chambre d’hôtes suppose d’habiter le domaine. L’accueil doit être assuré en personne par le loueur, et la remise des clés par une boîte à clés n’est pas admise : sans résidence sur place, le format est fermé, pas seulement compliqué.
Le plafond est de cinq chambres et quinze personnes. C’est lui qui borne le chiffre d’affaires de ce format, et qui conduit souvent à ajouter un hébergement autonome plutôt qu’une sixième chambre.
Le statut du porteur change le régime social. Hors agriculture, la chambre d’hôtes cotise à 21,2 % dès 6 248 euros quand le meublé classé est à 6 % au-delà de 23 000 euros. Pour un exploitant, les deux formats basculent au régime agricole, à condition d’être sur l’exploitation et dirigés par le chef d’exploitation.
Le classement d’un gîte est devenu une condition fiscale. Non classé, il plafonne à 15 000 euros de recettes au micro-BIC avec 30 % d’abattement, contre 83 600 euros et 50 % une fois classé.
C’est la chambre d’hôtes qui vend le vin. Les achats de vin représentent 60 % d’un revenu moyen de 207 euros par réservation : le contact quotidien n’est pas un supplément d’âme, c’est le canal de vente.
Le gîte peut capter le régime de l’hôtellerie sans présence. La réception non personnalisée et électronique étant admise, il peut réunir trois prestations sur quatre, devenir para-hôtelier et déduire la TVA de ses travaux.
8. Questions fréquentes
Peut-on ouvrir une chambre d’hôtes sans habiter sur le domaine ?
Non, et c’est le point qui ferme le plus souvent le débat avant tout chiffrage. Le code du tourisme définit la chambre d’hôtes comme une chambre meublée chez l’habitant, et l’administration en tire deux conséquences pratiques : l’accueil et la réception des clients doivent être assurés en personne par le loueur, et la seule mise à disposition des clés par une boîte à clés n’est pas admise. Un domaine détenu par une société dont les associés résident ailleurs, ou repris par un investisseur qui délègue l’exploitation, ne peut donc pas commercialiser de chambres d’hôtes, quelle que soit la qualité du bâtiment. Le meublé de tourisme, lui, n’impose aucune présence sur le site : c’est le seul des deux formats qui s’exploite à distance.
Un vigneron paie-t-il les mêmes cotisations qu’un particulier qui ouvre un gîte ?
Non. Pour un porteur qui n’est pas agriculteur, les deux formats relèvent de régimes très différents : une chambre d’hôtes déclenche l’affiliation dès 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 248 euros de revenus en 2026, avec un taux de 21,2 % en micro-social, quand un meublé de tourisme classé est à 6 % et n’ouvre l’affiliation qu’au-delà de 23 000 euros. Pour un exploitant agricole, ce clivage s’efface : les structures d’accueil touristique situées sur l’exploitation ou dans ses locaux et dirigées par le chef d’exploitation sont des activités agricoles au sens de l’article L. 722-1 du code rural, et l’exploitant cotise au seul régime agricole pour l’ensemble de ses activités. Deux conditions sont donc à vérifier avant tout montage : l’hébergement est sur l’exploitation, et il est dirigé par le chef d’exploitation.
Combien de chambres d’hôtes peut-on ouvrir sur un domaine viticole ?
Cinq chambres au maximum, pour quinze personnes accueillies simultanément. Au-delà de l’un de ces deux seuils, l’appellation de chambre d’hôtes ne peut plus être utilisée et le projet bascule dans un autre régime, celui de l’hébergement hôtelier, avec les obligations qui l’accompagnent. Ce plafond est structurant pour un domaine : il borne le chiffre d’affaires atteignable par ce format, et c’est généralement lui qui conduit à envisager un second hébergement autonome plutôt qu’une sixième chambre. La déclaration se fait en mairie, par le formulaire cerfa 13566, et doit être renouvelée à chaque changement.
Faut-il faire classer son gîte viticole ?
Le classement reste volontaire, mais il n’est plus une question de confort : c’est devenu une condition fiscale. Depuis la loi dite Le Meur, un meublé de tourisme non classé n’accède au régime micro-BIC que jusqu’à 15 000 euros de recettes, avec un abattement de 30 %, alors qu’un meublé classé dispose d’un plafond de 83 600 euros et d’un abattement de 50 % pour les revenus 2026 à 2028. L’écart est tel qu’un gîte non classé exploité sérieusement sort très vite du régime simplifié, et il s’est creusé : le plafond des meublés classés et des chambres d’hôtes est passé de 77 700 à 83 600 euros à compter des revenus 2026, quand celui des meublés non classés est resté à 15 000 euros. La démarche de classement s’effectue auprès d’un organisme accrédité et donne une étoile à cinq étoiles. Ces plafonds étant revalorisés tous les trois ans, il faut vérifier la valeur applicable à l’année de revenus concernée.
Un gîte peut-il déduire la TVA de ses travaux de rénovation ?
Oui, mais à une condition de régime et non de bâtiment. La location de logement meublé est en principe exonérée de TVA, ce qui ferme le droit à déduction sur les travaux. L’activité y est en revanche soumise lorsqu’elle devient para-hôtelière, c’est-à-dire lorsque des séjours d’une durée pouvant être inférieure ou égale à trente jours sont proposés au choix du client et que trois au moins des quatre prestations suivantes sont offertes : le petit-déjeuner, le nettoyage régulier des locaux, la fourniture du linge de lit et de toilette et la réception de la clientèle. Le point décisif pour un domaine est que l’administration admet une réception même non personnalisée, y compris par des systèmes de communication électronique : un gîte peut donc réunir trois prestations sur quatre sans présence permanente sur place. L’arbitrage se prend au moment du montage, avant l’engagement des travaux.
9. Sources et références
Ouvrir une chambre d’hôtes, fiche F17452, service-public : définition, capacité de 5 chambres et 15 personnes, accueil assuré en personne par le loueur, prestations fournies, déclaration en mairie, taux de TVA applicables.
BOI-BAREME-000044, BOFiP, publié le 19 août 2026 : barème des seuils des régimes d’imposition, dont le plafond du régime micro-BIC porté à 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028, contre 77 700 € pour 2023 à 2025, le seuil des meublés de tourisme non classés restant à 15 000 €.
Hébergement touristique et micro-entreprise, fiche F39451, service-public, page à jour au 21 février 2026 : plafonds et abattements du régime micro-BIC pour les revenus 2025, taux et seuils de cotisations sociales par catégorie d’hébergement.
Location meublée : les règles ont changé en 2026, service-public, 27 juillet 2026 : généralisation de l’enregistrement des meublés de tourisme à la mise en service du téléservice national, prévue au quatrième trimestre 2026.
BOI-TVA-CHAMP-10-10-50-20, BOFiP, 26 mars 2025 : commentaire de l’article 261 D, 4° du code général des impôts, condition de durée de séjour, liste des quatre prestations para-hôtelières et tolérances admises sur chacune.
Les conditions d’affiliation des non-salariés agricoles, MSA : rattachement des structures d’accueil touristique situées sur l’exploitation et dirigées par le chef d’exploitation aux activités agricoles de l’article L. 722-1 du code rural.
Régime fiscal des activités d’agrotourisme exercées par les exploitants agricoles, réponse du ministère de l’agriculture publiée le 15 mai 2025 : seuils de rattachement des recettes accessoires au bénéfice agricole.
BOI-BA-CHAMP-10-40, BOFiP : commentaire de l’article 75 du code général des impôts.
Observatoire de l’œnotourisme 2026, Winalist, publié le 28 mai 2026, établi sur 15 000 réservations confirmées en France en 2025 : revenu moyen par réservation, part des achats de vin, panier vin, durée de séjour.
L’impact de l’œnotourisme en France, étude Deloitte pour Vin & Société, juillet 2025 : dépenses des œnotouristes et part captée par les domaines.
Un projet d’hébergement sur un domaine viticole ?
Pôle Implantation Tourisme accompagne les porteurs de projet sur l’analyse de faisabilité, la lecture du document d’urbanisme et la recherche du bien adapté au format visé.
Sohane, chargée de mission tourisme chez pôle Implantation Tourisme, accompagne les investisseurs et porteurs de projet dans leurs démarches d’implantation touristique. Grâce à son expérience dans l’animation de réseaux professionnels et la gestion de projets territoriaux, elle maîtrise la qualification des opportunités touristiques et la prospection d’investisseurs. Son expertise lui permet de guider les porteurs de projets vers les sites les plus adaptés et de faciliter leur mise en relation avec les territoires partenaires.