Ouvrir un camping en France : coûts, démarches et rentabilité (2026)

Camping aménagé avec emplacements, mobil-homes et piscine en France

L’hôtellerie de plein air est le premier mode d’hébergement touristique en France par la capacité : 7 395 campings, 863 000 emplacements et 147,5 millions de nuitées en 2025 (+4,5% sur un an). Le secteur génère entre 3,4 et 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct et 196 000 emplois. Ouvrir un camping reste un projet ambitieux : entre 1,7 et 4 millions d’euros d’investissement pour 50 emplacements, un permis d’aménager, un classement Atout France et un plan de financement solide. Vous trouverez ici les coûts réels, les démarches administratives, les indicateurs de rentabilité et les montages financiers adaptés.

Dernière mise à jour : juillet 2026

Le marché du camping en France en 2026

L’HPA (hôtellerie de plein air) dépasse désormais l’hôtellerie traditionnelle en capacité : 863 000 emplacements contre 655 900 chambres d’hôtel. Le secteur a enregistré 147,5 millions de nuitées en 2025, en hausse de 4,5%, et génère 31 milliards d’euros de retombées économiques (directes, indirectes et induites) selon la FNHPA.

Répartition du parc par classement

Classement Nombre de campings Tendance 2025
5 étoiles 292 +3,3% (segment en croissance)
4 étoiles 1 327 +3,3%
3 étoiles 2 522 Stable
2 étoiles 1 616 -2,8%
1 étoile 463 -2,8%
Non classés ~2 000 En recul

Les hébergements locatifs (mobil-homes, lodges, chalets) représentent désormais 60% du chiffre d’affaires des campings, contre 40% pour les emplacements nus. Les chaînes et groupes (Capfun, Homair, Sandaya, Siblu) contrôlent 19% du parc mais 65% du CA. Depuis 2000, environ 1 000 campings indépendants ont disparu au profit de la concentration sectorielle.

Tendances 2026 : glamping, éco-camping et digital

Le marché du camping se transforme sous l’effet de trois tendances de fond. Le glamping (cabanes perchées, domes, tiny houses, yourtes) attire une clientèle à fort pouvoir d’achat : le tarif nuitée d’un hébergement insolite dépasse de 2 à 3 fois celui d’un emplacement nu. L’éco-camping progresse avec les labels Clef Verte (750 campings labellisés en France), Écolabel européen et Camping Qualité (600+ campings, 650 critères). Les campeurs recherchent des équipements bas carbone : panneaux solaires, récupération d’eau de pluie, bornes de recharge électrique. Enfin, la transformation numérique s’accélère : PMS cloud (Eseason, eSeason, RMS), check-in digital, yield management automatisé. Les campings qui combinent ces trois axes enregistrent des taux d’occupation supérieurs de 10 à 15 points à la moyenne du marché.

Combien coûte l’ouverture d’un camping ?

Le budget total dépend de la localisation (littoral, montagne, campagne), de la capacité (nombre d’emplacements) et du niveau de gamme visé (emplacements nus, locatifs, espace aquatique). Pour un camping de 50 emplacements clé en main, comptez entre 1,7 et 4 millions d’euros.

Budget d’investissement par poste

Poste Fourchette Remarque
Terrain 150 000 à 2 200 000 € 10 000 €/ha en rural, jusqu’à 150 000 €/ha en littoral
VRD par emplacement 5 000 à 15 000 € Eau, électricité, assainissement, voirie
Bloc sanitaire 30 000 à 50 000 € Par bloc (1 bloc pour 25-30 emplacements)
Bâtiment accueil 50 000 à 150 000 € Réception, épicerie, espace commun
Piscine 150 000 à 500 000 € Bassin simple à espace aquatique

Prix des hébergements locatifs (neuf)

Type Prix unitaire Revenu locatif annuel
Mobil-home standard 2 ch. 25 000 à 35 000 € 7 000 à 20 000 €
Mobil-home haut de gamme 3 ch. 60 000 à 70 000 € 15 000 à 45 000 €
Chalet bois RE2020 1 400 à 1 600 €/m² Variable selon surface
Pod / tonneau (14-16 m²) 11 000 à 12 000 € Tarif nuitée x2 à x3 vs emplacement nu
Tiny house clé en main ~34 000 € Segment glamping premium
Yourte (17 m²) ~6 500 € Investissement faible, forte attractivité

Quelles démarches administratives pour ouvrir un camping ?

L’ouverture d’un camping en France obéit à un cadre réglementaire précis : urbanisme, sécurité, santé publique et classement touristique. Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions administratives, voire à la fermeture de l’établissement.

Urbanisme et permis d’aménager

  • Vérification du PLU/PLUi : le terrain doit être situé dans une zone autorisant l’activité de camping (zone N tourisme, U ou A sous conditions). Vérifiez le zonage sur le Géoportail de l’urbanisme avant toute acquisition.
  • Permis d’aménager : obligatoire dès que le camping dépasse 6 hébergements ou 20 campeurs (Code de l’urbanisme, art. R.421-19). Délai d’instruction : 3 mois.
  • Étude d’impact environnemental : requise au-delà de 200 emplacements.
  • Aire naturelle de camping : capacité limitée à 25 emplacements, ouverture max 6 mois/an, pas de locatifs.

Classement étoiles Atout France

Le classement est volontaire mais conditionne la visibilité commerciale et l’accès aux aides publiques. Il repose sur 195 critères (surfaces, accueil, équipements, accessibilité, développement durable), est délivré par un organisme accrédité COFRAC et reste valable 5 ans.

Critère 1-2★ 3★ 4-5★
Surface min. emplacement 80 m² 89 m² 100 à 114 m²
Accueil Journée 24h/24, 2 langues 24h/24, 3 langues
Wi-Fi Obligatoire dès 2★ Obligatoire Obligatoire
Aire de jeux Non Obligatoire Obligatoire
Espace baignade Non Non Obligatoire dès 5★

Normes ERP, assainissement et accessibilité

  • ERP : le camping est classé IOP (Installation Ouverte au Public). Les bâtiments (accueil, restaurant, sanitaires) sont classés ERP avec obligations de sécurité incendie distinctes. Registre de sécurité obligatoire.
  • Assainissement (SPANC) : micro-station agréée jusqu’à 21 équivalents-habitants, dossier préfecture au-delà de 200 EH (loi sur l’eau). Contrôle SPANC périodique obligatoire.
  • Accessibilité PMR : 1 emplacement accessible par tranche de 50, 1 WC + 1 lavabo PMR par tranche de 200 emplacements.
  • Déclaration DDETS : déclaration en mairie et auprès de la DDETS (ex-DDCS) pour tout camping de plus de 20 personnes.

Quelle structure juridique choisir ?

Le choix du statut juridique détermine la fiscalité, la responsabilité du dirigeant et les possibilités de cession. La SAS (Société par Actions Simplifiée) est la forme la plus fréquente pour les campings créés ou repris : responsabilité limitée aux apports, souplesse statutaire, impôt sur les sociétés (25%) et rémunération du dirigeant en salaire (pas de cotisations TNS). La SARL convient aux structures familiales avec un cadre plus rigide mais des charges sociales TNS inférieures. L’entreprise individuelle (EI) reste marginale pour un camping : la responsabilité illimitée du patrimoine personnel est un frein majeur face aux investissements lourds du secteur. Pour un projet avec des associés investisseurs, la SCI (portage du foncier) couplée à une SAS d’exploitation permet de séparer patrimoine immobilier et activité commerciale. Un expert-comptable spécialisé en hôtellerie de plein air peut chiffrer l’impact fiscal de chaque option sur 5 ans.

Quel business plan pour un camping ?

La rentabilité d’un camping dépend de trois variables : le taux d’occupation, le mix produit (nus vs locatifs) et la durée de saison. Un camping 4 étoiles avec une offre équilibrée entre emplacements nus et locatifs génère un chiffre d’affaires nettement supérieur à un camping d’emplacements nus seuls.

Revenus par type d’emplacement

Type Tarif basse saison Tarif haute saison Revenu annuel
Emplacement nu 15 à 25 €/nuit 25 à 35 €/nuit 1 000 à 5 000 €
Mobil-home 80 à 120 €/nuit 150 à 250 €/nuit 7 000 à 45 000 €

Taux d’occupation et saisonnalité

Juillet-août concentrent 40 à 50% du CA annuel avec des taux d’occupation de 80 à 85% en 4-5 étoiles (60-70% en 1-3 étoiles). Les épaules (mai-juin, septembre-octobre) représentent 30% du CA, et la basse saison (novembre-mars) les 20% restants. L’allongement de la saison — par le chauffage des locatifs, l’accueil de groupes ou les événements hors saison — est le principal levier de rentabilité.

Chiffre d’affaires et marges par taille

Taille du camping CA annuel moyen Marge nette
Petit (50-100 emplacements) 100 000 à 300 000 € 5 à 15%
Moyen (100-300 emplacements) 300 000 à 500 000 € 10 à 20%
Grand / 4-5 étoiles 500 000 € et plus Jusqu’à 25%

Répartition des charges d’exploitation

Poste de charges Part du CA Détail
Masse salariale 25 à 35% Accueil, entretien, animation, sécurité, saisonniers
Énergie et fluides 8 à 12% Électricité, eau, gaz, chauffage piscine
Entretien / renouvellement locatifs 10 à 15% Remplacement mobil-home tous les 15-20 ans
Taxes et assurances 5 à 8% Taxe foncière, CFE, taxe de séjour, RC pro, multirisque
Marketing et commercialisation 3 à 7% Site web, OTA (Booking ~15% commission), Google Ads, réseaux sociaux

La marge brute se situe entre 40 et 55% du CA. Le CA moyen national par camping en 2026 avoisine les 400 000 euros. L’assurance multirisque professionnelle coûte entre 3 000 et 8 000 euros par an selon la taille et les équipements (piscine, aire de jeux). La taxe de séjour, collectée auprès des campeurs, est reversée à la collectivité : son montant varie de 0,20 € (1 étoile) à 0,60 € (5 étoiles) par personne et par nuit.

Comment financer la création d’un camping ?

Un projet de camping mobilise généralement 20 à 30% d’apport personnel et 70 à 80% de financement externe. Plusieurs dispositifs publics et privés permettent de boucler le plan de financement.

Dispositifs de financement

Dispositif Montant Conditions
Prêt Tourisme BPI France 50 000 à 5 M€ Taux fixe, sans garantie, 2 à 10 ans
Prêt Hôtellerie BPI France 30 000 à 400 000 € HPA éligible, sans caution
Programme LEADER Jusqu’à 40 000 € de subvention 40% max des dépenses, tourisme rural
Banque des Territoires Variable Co-investissement en fonds propres
Aides régionales éco-modernisation Jusqu’à 100 000 € + prime 5 000 à 10 000 € pour labellisation

Le Prêt Tourisme BPI France est le dispositif phare : taux fixe, sans garantie sur les actifs et sans caution personnelle, durée de 2 à 10 ans. Il finance la création, l’extension, la modernisation et la transformation numérique. Les campings engagés dans une démarche éco-responsable (Clef Verte, Camping Qualité, Écolabel européen) accèdent à des aides régionales spécifiques, avec des primes de 5 000 à 10 000 euros pour la labellisation.

Crédit-bail mobil-homes et location financière

Le crédit-bail (leasing) est une solution courante pour financer le parc de mobil-homes sans alourdir le bilan : le camping verse un loyer trimestriel pendant 7 à 10 ans, puis lève l’option d’achat à la valeur résiduelle (10 à 15% du prix neuf). Le coût global est supérieur au prêt classique, mais l’avantage est double : pas d’apport initial et loyers déductibles du résultat fiscal. Pour un parc de 20 mobil-homes à 40 000 € pièce (800 000 €), le crédit-bail évite de mobiliser la totalité de l’apport sur les locatifs et permet de réserver les fonds propres au foncier et aux infrastructures.

Franchise ou camping indépendant ?

Les chaînes de campings (Capfun, Homair, Sandaya, Siblu, Yelloh Village, Flower) représentent 1 533 campings (19% du parc) mais concentrent 65% du chiffre d’affaires. Rejoindre un réseau ou rester indépendant est un choix structurant dès la création du projet.

Critère Franchise Indépendant
Notoriété Immédiate (marque connue) À construire de zéro
Commercialisation Centrale de réservation, SEO, catalogue Autonome (Booking, site propre)
Redevances 2 à 6% du CA + cotisation Aucune
Liberté de gestion Cahier des charges à respecter Totale
Accompagnement Formation, outils, support technique Aucun (sauf conseil externe)

Flower Campings (128 campings, modèle franchise) facture une franchise de 10 000 euros et une redevance de 2,2 à 6% du CA, sans droit d’entrée. Yelloh Village (81 campings, objectif 100) impose un positionnement haut de gamme et un cahier des charges exigeant. Les labels indépendants comme Camping Qualité (500+ campings, 650 critères) offrent une alternative crédible sans redevance commerciale.

À retenir

  • L’HPA en France : 7 395 campings, 863 000 emplacements, 147,5 millions de nuitées en 2025 (+4,5%)
  • Budget d’ouverture : 1,7 à 4 millions d’euros pour 50 emplacements, avec un coût VRD de 5 000 à 15 000 € par emplacement
  • Le permis d’aménager est obligatoire dès 6 hébergements ou 20 campeurs, et le classement étoiles repose sur 195 critères
  • Marge nette : 5 à 25% selon la taille et le niveau de gamme, avec un CA moyen de 400 000 €/an
  • Le Prêt Tourisme BPI France (50 000 à 5 M€, sans garantie) et le programme LEADER (jusqu’à 40 000 € de subvention) sont les leviers de financement clés

Questions fréquentes

Quel budget pour ouvrir un camping de 50 emplacements ?

Comptez entre 1,7 et 4 millions d’euros tout compris : terrain (150 000 à 2,2 M€ selon la localisation), aménagement VRD (5 000 à 15 000 € par emplacement), hébergements locatifs (25 000 à 70 000 € par mobil-home), bloc sanitaire (30 000 à 50 000 €) et équipements collectifs (piscine, accueil). Le terrain représente généralement 30 à 50% du budget total.

Faut-il un permis de construire pour ouvrir un camping ?

Non, mais un permis d’aménager est obligatoire dès que le camping dépasse 6 hébergements ou 20 campeurs (Code de l’urbanisme, art. R.421-19). Le terrain doit être situé dans une zone du PLU autorisant l’activité touristique. Une étude d’impact environnemental est requise au-delà de 200 emplacements. Délai d’instruction : 3 mois.

Quelle rentabilité espérer pour un camping ?

La marge nette se situe entre 5 et 15% pour un petit camping (50-100 emplacements), 10 à 20% pour un camping moyen (100-300 emplacements) et peut atteindre 25% pour un grand camping 4-5 étoiles. Le CA moyen national est d’environ 400 000 € par an. Les locatifs (mobil-homes, lodges) génèrent un revenu 3 à 9 fois supérieur aux emplacements nus.

Vaut-il mieux créer un camping ou rejoindre une franchise ?

La franchise (Flower, Yelloh Village, Capfun) apporte une notoriété immédiate, une centrale de réservation et des économies d’échelle, mais implique une redevance de 2 à 6% du CA et un cahier des charges. L’indépendant conserve une liberté totale mais doit construire sa marque seul. Les chaînes représentent 19% des campings mais 65% du CA du secteur.

Quelles aides pour financer l’ouverture d’un camping ?

Le Prêt Tourisme BPI France (50 000 à 5 M€, sans garantie, taux fixe), le programme LEADER (jusqu’à 40 000 € de subvention, 40% max), la Banque des Territoires (co-investissement en fonds propres) et les aides régionales à l’éco-modernisation (jusqu’à 100 000 €) sont les principaux dispositifs mobilisables pour un projet de camping.

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